Les origines des emblèmes (symboles Gaulois).
 
 Casque gaulois ...                            Francisque et faisceau de licteur *   
 

« Nos ancêtres les Gaulois »  Fiction historique et géographique

                  Les historiens ont beaucoup critiqué cette formule, rappelant à juste titre que la «Gaule» est une fiction géographique et une invention des Romains pour désigner un peuple qui n'était pas homogène, mais constitué d'ethnies différentes : les Ambiens, les Helvètes, des Pictes, et autres celtes divers et variés. Les Romains désignent par «galli» les tribus qui menacent le nord de la péninsule italienne. Jules César parle des «Gaules» pour désigner le territoire qu'il a conquis de 58 à 51/50 av. J.-C.

                 La monarchie capétienne préférait se trouver des ancêtres Troyens, occultant les origines gauloises. Ainsi, dans Les Chroniques de Saint-Denis, rédigées au XIIIème siècle, le prince Francion échappe à Troie en flammes et vient avec ses compagnons fonder le peuple des Francs. La «mode» des ancêtres gaulois est apparue au moment de la Révolution française. La noblesse est alors associée aux Francs, et le peuple triomphant, aux Gaulois. Dans Qu'est-ce que le Tiers État?, l'abbé Sieyès appelle même à «renvoyer dans les forêts de la Franconie toutes ces familles qui conservent la folle prétention d'être issues de la race des conquérants».

                Mais c'est au XIXème siècle que le mythe gaulois prend un tour politique. Napoléon III, qui se prend pour César, ordonne des fouilles sur les sites de Gergovie et d'Alesia. Vercingétorix, chef gaulois vaincu par César en -52 avant Jésus Christ est exhumé des oubliettes de l'histoire et rentre dans les manuels sous le Second empire, avant de devenir sous la Troisième République le premier héros français, tout premier chef d'une nation qui lutte dans l'adversité. Le parallèle est fait entre les Gaulois résistant aux Romains et la France, qui a perdu, après un siège long et pénible, face aux Prusses à Sedan. On crée les contours d'une imagerie populaire, d'un Gaulois blond.
 

               Ernest Lavisse, né en et mort en, est un historien français, fondateur de l'histoire positiviste, auteur des nombreux « manuels Lavisse ».

                Il a contribué à répandre des images et une mythologie qui sont restées gravées dans la mémoire de générations d'écoliers :
"Tu dois aimer la France, parce que la Nature l'a faite belle, et parce que l'Histoire l'a faite grande. "

" Il y a dans le passé le plus lointain une poésie qu'il faut verser dans les jeunes âmes pour y fortifier le sentiment patriotique. Faisons-leur aimer nos ancêtres les Gaulois…. "       Ernest Lavisse.

              Les historiens de l'époque ont donc bien conscience que l'ascendance gauloise des français est une fiction qui n'a rien d'historique. L'objectif est avant tout idéologique: il s'agit de forger la nation à travers un récit commun.
           Dans cette optique en 1870, le rôle des Gaulois permet de faire un parallèle avec les événements que vient de subir la France : un siège long et difficile de Paris ou d'autre ville comparable à celui d'Alésia, une défaite due aux divisions du peuple comme celle entre royaliste, bonapartiste, républicain et communards. Le discours cherche alors à fédérer toute la nation pour préparer la revanche à venir. Ainsi c'est Vercingétorix qui sera le porte-drapeau de la nation. Celui-ci ayant perdu après avoir combattu avec panache et avoir résisté à un siège long et pénible comme a pu le connaitre la population française durant la guerre de 1870. C'est à cette période que la figure de Vercingétorix devient réellement la figure emblématique du gaulois
 
 
(Sources : Nos ancêtres les gaulois – Histoire d’un mythe national – Cédric Leclerc  et     http://www.lefigaro.fr    "nos-ancetres-les-gaulois- histoire-d-une-expression-controversee"
             Dans la même optique, en 1940, la propagande du maréchal Pétain se servira des emblèmes gaulois pour unifier ce qu'il reste de la France derrière le nouveau chef de l'état et principale figure médiatique de ce régime. Les services de propagande mirent donc en place tout un culte du chef autour de lui, pour appuyer son image d'homme fort auprès du peuple Français.
 
 
 
"Maréchal nous voilà"
 
Le Casque :
 

              Les Gaulois n'ont jamais porté de casque ailés.  Cette croyance  vient des protections latérales (joues et oreilles) qui relevés pouvaient ressembler à des ailes.

Casque gaulois (1er siècle av JC)-trouvé aux alentours d'Alise-Sainte-Reine, site d'Alésia (Côte-d'Or), fer - Musée d'archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines).

 

             En 1925, Maurice GIOT, peintre paysagiste, imagine et dessine le logo « casque gaulois ailé » encore représenté aujourd’hui. Le logo est redessiné en 1936 par le graphiste Marcel JACNO qui donne au casque à ailettes une noblesse et une âme sans oublier le choix du bleu affilié à la marque GAULOISES.

( Source : http://gauloises-100-ans-de-design-de-marque.over-blog.com/)

 
       
 
                       
 
Voyage du Maréchal Pétain à Gergovie
 
La Francisque :
 
                                            
 

Francisque :  Hache de guerre en usage chez les Germains et les Francs

 
                   Insigne distinctif imaginé par Bernard Mestrel et décerné aux hauts fonctionnaires et aux proches du Maréchal Pétain.   C'est là encore un rappel des origines gauloises avec la francisque double aux couleurs de la France et le bâton de maréchal de Pétain.
 
      
 

             Elle devait être « le symbole du sacrifice et du courage et rappeler une France malheureuse renaissant de ses cendres ».

             Sa conception a été confiée par le docteur Bernard Ménétrel, conseiller du maréchal, à un ancien joaillier parisien, le capitaine de réserve Robert Ehret. Celui-ci réalise un croquis dès le 30 septembre 1940 et le présente au maréchal le 1er octobre suivant. Par décret du 17 août 1942, Ehret est nommé membre du secrétariat particulier de Pétain dirigé par Ménétrel.
                 La francisque gallique est créée, approuvée et régie par les dispositions des arrêtés du 26 mai 1941, de la loi du 16 octobre et les décrets des 14 mars 1942 et 31 juillet 1942. La Francisque est déclarée « insigne du Maréchal de France  Chef de l'État Français ».
 
             Bien qu'étant l'insigne de Pétain à titre personnel, la francisque est progressivement utilisée sur les documents officiels comme symbole de l’État français en tant que personne morale
 
( Source : http://histoiresdunord3.blogspot.fr/2012/09/qui-invente-la-francisque.html  )
 
         
   ( Source :  http://labrousse.erick.over-blog.com/ )
 
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               Depuis le 4 septembre 1870, les armoiries de la France ne font plus l'objet d'aucun texte juridique. Seuls la devise,(Liberté Egalité Fraternité) l'hymne (La Marseillaise) et le drapeau (drapeau Français) figurent dans la Constitution de la Ve République.
               Cependant, un emblème non officiel, composé d'un bouclier ( Pelta : petit bouclier en forme de croissant, recouvert de cuir, d'un *faisceau de licteur (regroupant deux instruments de punition, la Hache et les baguettes de bouleau ou d'ormes) et de branches de chêne et d'olivier, est utilisé par la présidence de la République.
               * Le faisceau de licteur est utilisé comme symbole politique. Il évoque la Justice, la revendication d'une autorité légitime, la force collective
 
Armoirie                                                                          Grand  Sceau de France
 
 
 Le Coq Gaulois lui n'apparait pas pendant cette période de 39-45
                                      
       Coq 10 Frs Or 1899 Coq 50 Frs Argent 2017
 
                   Utilisé dès l'Antiquité, on ne peut assurer que le coq servit d'enseigne aux Gaulois. Il deviendra cependant symbole de la Gaule et des Gaulois à la suite d'un jeu de mots facile ; le terme latin gallus signifiant à la fois coq et Gaulois. La Renaissance devait mettre en rapport le coq et la France. Les rois Valois et Bourbons furent parfois accompagnés de cet oiseau symbolisant la France sur des gravures, monnaies, en-têtes de papier timbré, peintures, etc. Versailles et le Louvre connaissent le coq, qui reste cependant un emblème mineur. La Révolution en fait beaucoup plus large usage : c'est le symbole de la France ou plus précisément celui de la Vigilance, rejoignant ainsi en quelque sorte le coq des églises qui attend le lever du jour.
                  Le Directoire le conserve, au milieu d'autres objets, sur son sceau ; il somme le casque de la France assise, sur le papier à lettres du Premier consul, et se trouve aussi sur un écu, orné du bonnet phrygien et des lettres R.F., sur une médaille de 1801. Pourtant, si la commission des conseillers d'État proposa, en 1804, le coq à Napoléon 1er, celui-ci déclara n'en pas vouloir : « Le coq n'a point de force, il ne peut être l'image d'un empire tel que la France. » Il se fit donc rare par la suite.
                 En 1817, on déclarait encore à la Société royale des antiquaires de France : « Le coq, gallus, animal consacré au dieu Mars, le symbole de la vigilance, du courage et de la valeur, fut l'emblème des Gaulois ; il est encore celui des Français. » L'imagerie s'empara du coq lors de la révolution de 1830. Le lieutenant général, duc d'Orléans, signa le 30 juillet une ordonnance mettant le coq gaulois sur les drapeaux et boutons d'habit de la garde nationale, et les drapeaux tricolores de l'armée en furent sommés : le coq remplaçait ainsi en quelque sorte l'aigle impérial : la patte dextre du volatile s'appuyait sur une boule marquée du mot France. (universalis)

                  Aujourd'hui, il est unanimement accepté et regardé sinon avec ferveur, du moins avec une sympathie amusée par les Français, tant dans les stades à l’occasion des compétitions sportives internationales (ce qui l’affecte de connotations  sportives, comme totem sportif des Français) que sur des timbres-poste, des pièces de monnaie (là donc avec un caractère plus officiel), des brochures de tourisme ou de publicité commerciale. Il est populaire, dans les deux sens du terme. En outre l’élégance de sa courbe et l’éclat de ses couleurs peuvent inspirer les artistes dans tout motif décoratif. Il est présent, en tricolore, sur le « logo » de la  fédération française de football ou de rugby, de tir, etc.

                 Certes  cet emblème familier a conservé  ou retrouvé une petite part de son cocorico patriotique (on dit volontiers qu’il est bien déplumé aujourd’hui), et une bonne part de ses défauts médiévaux, ces défauts que l’on prête volontiers aussi à nos ancêtres les Gaulois : le coq gaulois est rouspéteur, râleur, un peu coureur, vaniteux, volontiers arrogant, beau parleur et fanfaron ; on n’a oublié que sa couardise, car il est considéré comme un symbole de vaillance au moins depuis la Grande Guerre, sinon depuis Louis XIV ; ce consensus de sympathie dont il bénéficie n’est pas exempt d’une pointe d’autodérision, car il a bien les qualités – et les défauts – que les Français attribuent aux Gaulois, donc à eux-mêmes. Il représente bien les Français, mais manque un peu trop de sérieux, de noblesse (« animal de basse-cour ») pour représenter dignement la France. Le coq reste donc un peu cantonné dans son rôle d’animal « totémique » du peuple français.

( Voir le Blog de Bernard Richard)

 
Sur le Grand Sceau de France, (le gouvernail est frappé d'un coq tenant dans une de ses pattes, un globe terrestre.)
 
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