PARTICIPATION DES CRS AU SECOURS EN MONTAGNE.

(Jean-Louis Grand)

 

-1) Création des « CRS» et premiers sauveteurs de ces unités.

(Henri JOUVE, un homme au cœur gros comme une montagne)

Henri Jouve est né le 10 octobre 1910 à Chastenet, petit village de la commune de Valgorge dans la haute Ardèche.

Après un périple particulièrement difficile : enfance villageoise avec des parents cultivateurs, père blessé dans les tranchées en 1914. Il fait son service militaire au 27ème RI où il termine sous-officier.

Mobilisé en 1939, il rejoint Briançon et, fin novembre, part pour l’Alsace. Après nombre de bombardements, un détachement ennemi, fusils mitrailleurs en action, oblige son unité à se rendre, embarqué dans un train pour l’Allemagne, ce sont seize mois qu'il passe, comme prisonnier, à la disposition d'un exploitant agricole très dur au travail. Au mois de mars 1942, il réussit l'évasion par la Suisse.

En 1943, il fait ses premiers pas dans la résistance où une place de chef de Section lui est confiée au sein du maquis de « Mersenne ». II participe donc à la libération de Montélimar, et en septembre 1944, il est envoyé avec sa section, dans un chalet d'alpage sur le plateau du Mont Cenis (mission de surveillance Frontière).

Poursuivant son parcours militaire, il passe son brevet de chef de section montagne à Saint Jean de Maurienne. En avril 1945, il a pour mission de franchir la Frontière pour participer à l'occupation de la ville de Suze (Italie). En août, nouveau retour en Maurienne et, conseillé pour rejoindre les nouvelles formations de police que sont les CRS, il rentre le 1er octobre 1945 à la Compagnie Républicaine de Sécurité de Valence. Après un passage à Uzès, il obtient sa nomination pour Grenoble à la CRS 147. Sa carrière de sauveteur « CRS » va commencer

C'est donc à compter de cette époque que les initiatives se firent de plus en plus spontanées et donnèrent naissance aux prémices de l'organisation actuelle du Secours en montagne. En 1947, les Compagnies Républicaines de Sécurité sont appelées à déplacer des détachements sur les zones frontières ainsi que sur les lieux de grands chantiers en montagne (ex. de Tignes).

C'est bien sur ces sites que les agents, indépendamment de leurs missions de surveillance frontière et de police générale, vont se faire reconnaître pour leur disponibilité et leur courage. Il en fut de même lors d'accidents ou catastrophes aériennes, car ces formations représenteront pour les autorités administratives et judiciaires, une réserve disponible non négligeable. De même, sollicitées par les représentants des Sociétés locales de Secours, elles se feront très rapidement reconnaitre comme forces d'intervention, courageuses et structurées. L'un des premiers exemples d'intervention porte sur l'accident d'avion du DC3 d'Air France qui s'écrasa, le 14 mars 1947, sur la paroi de la Grande Moucherolle  (Vercors - 11 morts). Sollicités par le Président de la Société Dauphinoise de Secours en Montagne, les hommes de la CRS n°147 se joignirent à la caravane de secours et, dans des conditions de temps exécrables, découvrirent l'épave dans la neige sans aucun survivant.

 

-2) Premières catastrophes aériennes sur les Alpes.

 
29 août 1946 : le B 17G Orly-Casablanca s'écrase sur l'Obiou  (Isère) — 11 morts.
 
Voir l'article de la Société Dauphinoise de Secours en Montagne SDSM38
 
14 mars 1947 : un DC-3 d'Air France, faisant la liaison Nice-Lyon, s'écrase sur la Grande Moucherolle dans le Vercors à Château-Bernard (Isère) — 23 morts.
Voir l'article de Raymond Mollaret
 
27 et 30 janvier 1948 : double catastrophe aérienne sur la montagne du Cheval Blanc (Alpes de Haute Provence). Un C 47 de l'US Air Force égaré dans le mauvais temps s'écrase. Un B-17 envoyé pour porter secours s'écrase à son tour. Le premier accident fait 11 morts, le second 9 morts.
          
     C-47   -   B-17          
 
3 novembre 1950 : le Malabar-Princess d'Air india heurte la crête du Mont Blanc : 48 morts.
 
 
13 novembre 1950 : nouveau drame à l'Obiou. Un quadrimoteur DC-4 de la Curtiss-Reid Fiying Services heurte le sommet : 58 pèlerins de retour de Rome périssent.
( Voir la video de l'INA sur l'accident de l'Obiou)
 
Voir aussi la page web Matheysine et Hauts Pays

2 septembre 1953 : un Constellation d'Air France heurte le Cemet dans l'Ubaye (Alpes - de - Haute- Provence) à 2800 m. d'altitude : 48 morts.

 
           
LA MONTAGNE A BRÛLÉ QUATRE HEURES À 520 kilomètres à l'heure, en pleine nuit, le courrier d'Extrème-Orient s'est pulvérisé contre le flanc de cette montagne. La tache noire sur la paroi du pic central indique le point d'impact, à 100 mètres du sommet. L'essence enflammée a noirci le roc : pendant quatre heures, la montagne a brûlé. Au premier plan, un des moteurs projeté à plus de 1500 mètres. À mi-pente, la caravane des sauveteurs qui redescend.
 
24 janvier 1966 : 117 morts dans le Boeing Kangchenjunga d'Air india qui heurte l'arête terminale du Mont Blanc, non loin de l'impact du Malabar Princess.
 
Voir la video INA de l'accident du Boeing d'Air India
 
- Le commandement des CRS prend l'initiative –
 
                      Face à ces premières interventions, le commandement de l'époque, avec l'assentiment des Commissaires de la République des Départements montagnards, va conforter la participation de ces formations aux missions d'aide, d'assistance et de secours aux montagnards en difficulté. Ainsi, durant la fin des années 1947 et jusqu'à l'année 1955, les détachements de la CRS 147, déplacés sur les Départements de montagne des Alpes du nord, interviendront d'initiative sur leurs lieux de déplacement temporaires, ou en renfort des sociétés locales de secours.
                      De par leur enthousiasme et leur pratique de l'alpinisme et du ski, les hommes des CRS vont progressivement conquérir leurs lettres de noblesse.
 
 OP Riolet  -   Commandant Landry  - OP Robert          de la CRS n° 147
 
   -   Chronologie d'une évolution    -
 
                         Parallèlement à l'exécution des missions courantes de police générale, les officiers, gradés, sous-brigadiers et gardiens de l'époque vont progressivement s'inscrire dans l'évolution du moment  et, profitant de leurs déplacements sur des sites avancés en milieux montagnards , s'initier et se perfectionner à la pratique du ski et de la montagne . C'est dans ces conditions que le Brigadier H. Jouve fit son premier déplacement sur le site du village de Tignes ( Savoie ) où se déroulaient les grands travaux du futur Barrage .
( voir la video de l'INA sur le barrage de Tignes)
                       Ce solide montagnard Ardéchois , alors âgé de 37 ans , va donner l'impulsion aux jeunes agents et les orienter vers l'initiation au ski et à la marche tout en les préparant aux notions élémentaires de secourisme en montagne .

                        Volontaire pour toutes les missions hors siège de l'unité, Henri Jouve est déplacé durant l'hiver 1948/49 à Castellane (04) où un Barrage est en construction. Un jour, le Sous-Préfet du lieu fait appel aux CRS déplacés pour effectuer les recherches d'un avion déclaré disparu entre Digne et Castellane. Le même jour, l'observatoire aérien signale qu'une épave est localisée dans le secteur du Pic du Cheval Blanc (Alpes de Hautes Provence). Partis avec les membres du secours en montagne de Saint André les Alpes, les CRS arriveront dans la nuit sur les lieux du Drame. C'est un spectacle de désolation qui les attend (corps d'adultes, femmes et enfants jonchent le sol). Au lendemain de cette opération, ils assisteront aux funérailles et recevront les remerciements de l'autorité Préfectorale du Département. A la fin du déplacement, le Brigadier Jouve sollicitera la hiérarchie pour constituer et entrainer une section de skieurs avec des périodes d'initiation à la marche et à l'escalade dans les massifs entourant Grenoble (Chartreuse, Vercors, Belledonne). Au mois de juin 1949, le Commandant d'unité et les Officiers sollicitent l'admission des montagnards « CRS » au sein de la Société Dauphinoise de Secours en Montagne. Le Président de celle-ci, le Professeur Félix Germain, demandera même de faire attribuer cinq places aux CRS pour suivre le stage d'entrainement à l'Ecole Nationale de Ski et d'Alpinisme de Chamonix. A cette occasion, le Brigadier Jouve et quatre autres compagnons de la CRS n°147 seront admis à suivre cette formation au secours et sauvetage, sous la conduite du Professeur-Guide chamoniard Alexis Simond.

                      Au retour de Chamonix, les entrainements et les opérations sur les Alpes du nord se poursuivront jusqu'à la dramatique catastrophe de l'Obiou (Massif du Trièves ) — 58 morts /13 novembre 1950 —

 
-   Les CRS font le choix de former des Guides de Haute Montagne   ‑
 
                  En 1951, lors d'un séjour d'entrainement à Chamonix, H. Jouve demande au Directeur de l'ENSA, s'il peut faire inscrire deux agents au stage d'Aspirant Guide ; la réponse est favorable et deux inscriptions seront formalisées.
                  Cependant, au début du stage au mois de juillet, l'un d'eux, victime d'un accident de la circulation , ne peut honorer cet engagement et ; exceptionnellement , H. Jouve dû se substituer au candidat en obtenant une dérogation du Directeur de l'Ecole pour participer , à 41 ans , au stage considéré . L'homme, très motivé, sera reçu en fin de stage avec un excellent résultat. De retour au siège de la CRS 147, il se fera l'interprète, auprès du Commandement, de la nécessaire orientation à prendre. C'est ainsi qu'en liaison avec les deux officiers initiés à la montagne (Jean Robert et Emile Riolet), la démarche nécessaire au besoin d'évolution et d'adaptation des hommes sur le terrain, sera prise en considération. L'idée de structurer officiellement l'entrainement et la pratique régulière des agents fera son chemin et la hiérarchie, soutenue par les autorités administratives du moment ainsi que les représentants des sociétés locales de secours, fera remonter à la Sous- Direction des CRS les éléments démontrant l'intérêt pour J'administration de disposer de formations spécialisées en cas de sinistres graves en montagne.
                      Les premières réflexions porteront tout d'abord sur la formation de base et le suivi d'un entrainement régulier des agents volontaires ; mais  aussi sur l'adaptation aux techniques de progression ainsi qu'aux choix des moyens et des équipements adaptés aux différentes pratiques. Par ailleurs, les officiers et gradés du moment étudièrent un concept d'initiation progressive, intégrant bien la complémentarité des terrains d'évolution: Eté / Hiver. Une ébauche de programme fut élaborée par les officiers et le Brigadier-Chef H. Jouve, désigné Directeur technique, aux fins de soumettre le projet à la hiérarchie.
 
                      La proposition "programmée" reçu un avis favorable de la Sous-Direction des CRS et les initiatives purent, dans les mois et années qui suivirent, progressivement se concrétiser. C'est ainsi que se constitua un premier groupe de montagnards dont la motivation, doublée d'un bon esprit d'équipe, favorisa la cohésion et surtout les initiatives des personnels. Au fur et à mesure des missions de surveillance frontière en vallées de montagne, les hommes prirent l'habitude de s'organiser pour pratiquer le ski ou de la marche. Cette dynamique l'emporta sur l'emploi du temps : et, progressivement, les entrainements furent très bien admis par la hiérarchie et surtout confortés par les populations montagnardes rencontrées.
 
                 Il en fut de même dans les unités implantées dans les Pyrénées — CRS n°175, aujourd'hui CRS n°29 de Lannemezan et CRS n°164 aujourd'hui CRS n°58 de Perpignan, ainsi que dans les Alpes du sud CRS n°6 de Nice.
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                      A compter des années 1953/1954, les Lieutenants et Capitaines Robert et Riolet, adeptes du ski et de la montagne, participent eux-mêmes aux opérations et s'inscriront ainsi dans la marche logique de l'évolution. De même, c'est en instillant avec les autorités du milieu montagnard des liens de bon aloi qu'ils affirmeront, sans réserve, une volonté avérée d'être présents, avec leurs hommes, lors des différentes opérations de recherches ou de secours dans les massifs alpins. En outre, la montagne ayant toujours ses tragédies et ses surprises, leur permettra de vivre des moments de joie mais aussi des épreuves particulièrement éprouvantes tant sur le plan physiques que psychologiques.
 
                     C'est ainsi qu'en 1953, les CRS de montagne auront la douleur d'apprendre le décès accidentel, en montagne, du Professeur-Guide de l’ENSA  « Alexis Simond », pilier de l'Ecole Nationale de Ski et d'Alpinisme de Chamonix. Disparu lors de l'encadrement d'un stage de Guide, le Brigadier-Chef  Henri Jouve fut particulièrement affecté de la disparition de celui qui fut l'un des promoteurs des CRS dans la formation et l'adaptation aux missions de secours en montagne à Chamonix.
                    Au début de l'été 1953, intervention des CRS déplacés pour le secours à l’ENSA, intervention de sauvetage et descente d'un Guide Suisse  « Rémy Theytez » accidenté au Crépon.
                    En 1954, au cours de l'été, un rassemblement de sauveteurs et organisé à l'ENSA, sous l'égide de la Fédération Française de la Montagne, 20 sauveteurs CRS seront regroupés avec le même nombre de gendarmes pour assister à des manœuvres « tests » d’Hélicoptères  Bell : exercices d’évacuation et record d'altitude.
                 En 1954, H. Jouve est admis au stage te Guide de Haute Montagne et revient de Chamonix avec la volonté de faire bouger l’institution. Il en rend compte au Commandement et sous le couvert des Capitaines Robert et Riolet propose d'évoluer vers un Centre de formation des CRS de montagne. Le Commandant du moment en prend acte et transmet le dossier à la Sous- Direction des CRS. Parallèlement, H. Jouve est nommé Directeur officiel des entrainements des montagnards au siège de la CRS n°147.
                     Mais, par un malheureux concours de circonstances, un drame de la vie va noircir le ciel de la CRS 147 et provoquer le décès du Capitaine Jean Robert. Officier montagne reconnu par ses pairs, c'est le 24 août 1954, à l'occasion de la préparation d'un exercice SATER, qu'un dramatique accident se produisit dans la cour de la caserne Dode. Celui-ci, consécutif à la manipulation d'une grenade fumigène, vint frapper de plein fouet le Capitaine Robert.
                     Relation des faits relevés dans la main courante de l'unité : « ..... AU COURS D'ESSAIS DE GRENADES FUMIGENES QUI DEVAIENT ETRE EMPLOYEES POUR UN EXERCICE « SATER », UNE DE CES DERNIERES FIT EXPLOSION BLESSANT GRIEVEMENT L'OPP DE PREMIERE CLASSE ROBERT JEAN AINSI QUE LE GD. DELIGNE ROGER ARMURIER DE L'UNITÉ…. »
Articles du Dauphiné Libéré
                       Après les funérailles, le Directeur des CRS, Mr. Henri Mir, après avoir exprimé toute sa reconnaissance et son soutien à la famille du disparu, prit par les épaules le B/C - Guide de Haute montagne- H.Jouve, profondément éprouvé par ce drame, et lui dit «... mon vieux Jouve, la vie continue pour ceux qui restent et le Centre sera créé comme vous l'auriez tous souhaités »
                        Après cette très dure épreuve, le Capitaine E. Riolet et le B/C H. Jouve furent convoqués à Paris, à la Sous- Direction des CRS, pour recevoir les instructions du Directeur.
                       Le Centre National d'Entraînement à l'Alpinisme et au Ski des CRS (CNEAS des CRS) fut créée le 3 janvier 1955 à Grenoble et le Commandant Emile  Riolet, qui avait pris le commandement de la CRS 147  le 1er novembre 1954, fut nommé premier Commandant du CNEAS des CRS le 15 septembre 1955.
 
-   Le grand départ vers la spécialité montagne    –
 
Entrainement et Formation des montagnards CRS
 
« Le CNEAS des CRS »
 
                      Dès la fin de l'année 1955, la conception, la mise en œuvre et l'organisation du fonctionnement de cette «Entité » de montagne furent les premières missions  confiées au Commandant Emile Riolet. Celui-ci commença à appréhender, avec Henri Jouve, la charge de la progression technique et du choix des lieux d'entraînements  ce, afin de rendre cette implantation la plus proche des terrains d'exercices. Parallèlement, il fut convenu, avec les instances de Direction, que l'entrainement et la qualification seraient destinés à tous les candidats volontaires des unités, en priorisant dans un premier temps, les agents des unités les plus proches des massifs montagneux « Alpes et  Pyrénées » De même, il fut convenu que le Centre resterait, tout en organisant  et dirigeant les programmes, unité de première alerte d'Intervention et de secours. C'est ainsi que l’ensemble des personnels stagiaires fut reparti dans l’organisation  en première et seconde alerte.
 
                                  
 
                     Cette période probatoire se fit par étapes successives et le Commandant du Centre dût également faire le choix d'implantation du Centre pour l'entrainement hivernal.  Les premières années se firent avec l’appui logistique de la CRS n°147.  Cependant, le Commandant,  après avoir fait ses choix des personnels d'encadrement permanent, intégra également dans ses décisions le problème d'implantation des familles de ces derniers. Ce fut donc ce premier ordonnancement de l'organisation qui s'opéra durant l'hiver 1955/56 où, après plusieurs recherches d'implantations (Courchevel/ Méribel-les-­Allues (73), c'est finalement sur le site de Val d'Isère qu'un petit Hôtel, en amont de la station (lieu-dit "les Mélèzes" permit une première implantation hivernale.)
                      L'année suivante, une nouvelle expérience fut réalisée à Chamonix, Hôtel Royal où, le commandant reçu la visite, le 12 Décembre 1956, de Mr. le Préfet de la Haute-Savoie « Jaquet » en présence du Maire de Chamonix de l’époque, Mr Paul Payot, accompagné du conseillé Général Edmond Désalloud.  A cette occasion, le Brigadier/Chef  H, Jouve organisa un exercice de recherches en avalanches, avec chiens, au plan de l’Aiguille.
 
 
                  Au cours de la saison d'été 1957, les CRS vinrent en détachements réguliers à Chamonix pour renforcer; dans le cadre du Secours en Montagne, les Guides de l’Ecole Nationale de ski et  d'Alpinisme. Cette participation fut d'ailleurs fortement appréciée par les Chamoniards notamment pour la disponibilité et l'engagement des agents. Une opération marqua cependant profondément le monde de la montagne lorsque le 8 août 1957,  à l'occasion d'une intervention Héliportée  deux Guides de Haute montagne,  Jean Ducroz et René Rionda), un agent des CRS (Chesta) ainsi qu’un pilote de la Gendarmerie  (Colard ), perdirent la vie lors d'un secours dans les Aiguilles  de Chamonix.
                      En 1957/58  le CNEAS des CRS prit ses quartiers d'hiver à la Station de Val d’Isère où le  Commandant Riolet  avait conduit une recherche d’implantation et réussi à faire conclure par l'administration, l’achat d'un bâtiment d'une capacité d'accueil correspondante aux besoins, au lieu-dit " la Dalle" , à 2 kms. en aval de la Station.
 
 
                      A compter de cette période le CNEA prit ses quartiers d’hiver  à Val d'Isère l'hiver et l’été à Grenoble.
                      La saison d'hiver 1957 fut également la période ou le B/C  H. Jouve suivit son stage d'officier à l’Ecole Nationale Supérieure de  Police de Saint Cyr au Mont d’Or et revint prendre sa place d’adjoint  au Commandent du centre.
                     C’est donc cette " épopée montagnarde " placée sous l’impulsion du commandant Emile Riolet, qui permit officiellement au centre national d’Entrainement à l’Alpinisme et au ski des CRS de prendre place dans les milieux du secours en montagne en France.
                     Pour le corps des CRS, la première phase de l’organisation était réalisée.
                     Les sections de montagne des CRS verront le  jour après les conséquences du drame  «Vincendon et Henry » Hiver 1956/57, notamment à la suite de l’instruction ministérielle du 21 août 1958.
                     A compter de cette époque les CRS de Grenoble (147-47), Nice (6), Perpignan (164-58) et Lannemezan (175 – 29) eurent à créer leurs sections montagne.
 

 Récapitulatif chronologique des interventions des personnels « CRS »

(ALPES DU NORD - de 1947 à 1953)

 

1/ Sous le couvert du Capitaine DELMART / CDT de la CRS 147 -

*opération mise en œuvre à la demande de la Société Dauphinoise de Secours en montagne, sous l'autorité du Préfet du Département de l'Isère.

- 14 mars 1947: Grande Moucherolle (38)- Crasch d'un Dakota, recherches et découverte, aucun survivant (11 morts). Transport des corps au village Le Percy (Vercors).

2/ Sous le couvert du Commandant LANDRY / CDT de la CRS 147

*après l'opération de la Grande Moucherolle, les Préfets des Départements de montagne (04/05/38/73/74) apportent leur soutien à la hiérarchie CRS pour que ces formations puissent être appelées par les Société de Secours pour prêter aide et assistance.

- janvier 1948: Cheval-Blanc (04) — Nouveau Crasch d'un Dakota, recherches de l'épave / descente des corps.

3/ Sous le couvert du Commandant ARSIMOLES / CDT de la CRS 147

- juillet 1949 : Tignes (73) recherche et descente du corps d'un alpiniste.

- août 1949 : Chaman ix (74) recherche et aide à deux alpinistes en difficulté.

- août 1949 : Tignes (73)Recherche du corps d'un ouvrier tombé dans l'Isère.

- novembre 1949 : Modane (73) Sauvetage de quatre Yougoslaves clandestins perdus sur les contreforts du Mont Cenis.

- février 1950: Modane (73) Recherche et descente du corps d'un alpiniste.

- février 1950: Modane (73) Aide et secours à la population de Bessans — haute ­maurienne-, isolée par les avalanches.

- février 1950: mines de l'herpie Alpe d'Huez (38) Participation aux recherches des mineurs pris dans l'avalanche et l'incendie de leurs locaux. X ... mineurs tués par l'avalanche,

 - février 1950 : Tignes (73) dégagement d'un conducteur enfoui sous avalanche.

- février 1950: Les Brévières (73) Participation au sauvetage de victime d'avalanche.

- avril 1950: Modane (73) Sauvetage de deux clandestins Italiens.

- mai 1950: Modane (73) Découverte et transport d'un cadavre.

- juin 1950 : Chamonix (74) Recherche et descente du corps d'un alpiniste.

- août 1950 : Modane (73) Sauvetage d'un alpiniste Italien.

- août 1950 : Modane (73) Recherche et descente du corps d'un clandestin Italien.

- octobre 1950: Modane(73) Découverte du corps d'un clandestin Italien.

- octobre 1950 : Modane(73) Sauvetage d'un habitant - chute de 40 m.

- novembre 1950: Obiou (massif du Trièves - «38 ») Avion Canadien / recherche de l'épave / Participation de l'armée , de la gendarmerie , des CRS et des membres de la Société Dauphinoise de Secours en Montagne . Opération placée sous l'autorité du Préfet de l'Isère et du Professeur Félix Germain / Président de la SDSM. (58 morts).- (Liste des participants CRS)

- mai 1951 : Grande Sure (38) Secours à un alpiniste blessé.

- juillet 1951: Obiou (38) récupération d'indices/AVION Canadien

- juillet 1951 : Chamonix (74) sauvetage d'un jeune homme tombé dans l'Arve.

- juillet 1951 : Chamonix (74) recherche d'une personne égarée en montagne.

- juillet 1951: Chamonix (74) recherche d'une personne égarée dans les aiguilles rouges.

- juillet 1951 : Chamonix (74) sauvetage de trois alpinistes commotionnés par la foudre.

- août 1951: Chamonix (74) recherche d'une femme accidentée dans les aiguilles de Chamonix.

- août 1951 : Chamonix (74) recherche et transport de cadavre d'un alpiniste tué.

- août 1951 : Obiou (38) recherche et transport des restes d'indices matériels de la catastrophe d'avion pour complément d'enquête judiciaire.

- septembre 1951 Dibona/ Oisans(38) recherche et transport de deux alpinistes tués en montagne.

- septembre 1951 (38) Grande Chartreuse (38) recherche de nuit / 8 spéléologues égarés.

- octobre 1951 - Villard de Lans. Recherche d'un disparu dans le Vercors.

- novembre 1951 - Sauvetage et transport de clandestin à l'hôpital.

- février 1952 - Les Gardies / (38) Avion WEU 7 — sauvetage et transport de 7corps.

- mai 1952 - Dent de Crolles (38) participation avec la SDSM du sauvetage d'un blessé avec huit compagnons égarés.

- mai 1952 - Néron (38) participation avec SDSM aux recherches et transport d'un alpiniste blessé.

- mai 1952 - Mont Aiguille (38) sauvetage d'un alpiniste.

- juin 1952  Saint Mury / Belledonne (38) recherche d'alpinistes disparu.

- juin 1952 — La Bérarde — intervention deux alpinistes (un mort et un blessé).

- juillet 1952 — Barre des Ecrins (38) recherche et sauvetage d'un alpiniste.

- juillet 1952 — Ailefroide versant ta Bérarde (38) Participation avec SDSM au décrochage de deux alpinistes dcd et récupération des corps.

- juillet 1952 — Rateau (38j participation à la recherche d'un guide accidenté, avec son compagnon.

- août 1952 — Egralits (38) sauvetage d'un alpiniste Belge blessé grièvement.

- août 1952 —Modane (73) secours à deux alpinistes italiens égarés.

- septembre 1952 —Charmant—Son (38) / sauvetage d'un alpiniste blessés.

- mars 1953 — Modane (38) —Transport avec traineau d'un malade à destination de l'hôpital.