Les Polices Mobiles

 

GMR "DuPetit-Thouars"




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Entrée du cantonnement de la Bouvardière    Montée d'escalier du Château

Le G.M.R. Dupetit-Thouars (du nom d'une célèbre famille de marins (*), les "du Petit-Thouars") a été créé la 1er octobre 1942 au centre de formation d'AINCOURT dans la région parisienne. 

Il s'est implanté en décembre 1942 au domaine de la Bouvardière à SAINT HERBLAIN. 

La création du GMR nécessita le montage d'abris en planches servant de dortoirs. On demanda aux autorités allemandes la cession de baraquements dont elles disposaient au titre de butin de guerre. (ref A. Pinel)

En 1943, en raison du pilonnage incessant de SAINT-NAZAIRE, par l'aviation, l'essentiel de son activité a été axé sur le sauvetage, le déblaiement et l'hébergement. 

Ce même rôle a été repris à NANTES à partir de septembre 1943. 

 

Le GMR est cantonné quai de Turennes à Nantes

Sous la conduite de son commandant, Lucien Gautier (**), le groupe appartenait â la Resistance locale sous le commandement du Général AUDIBERT(***).

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Salle à manger du Château (Lt Lecomte - Cdt Gauthier - ?)

Le 14 août 1943

Fin 1943, suspecté à juste titre par l'occupant, le groupe a été, sur son ordre, replié sur TOURS.

Le Commandant Lucien Gauthier (**) a pu échapper à l'arrestation en entrant dans la clandestinité. Deux officiers le Lieutenant Alfred Leconte et le Lieutenant  Emile Olivier  encadraient par ailleurs le GMR.

Le groupe a été dirigé ensuite dans l'Est de la France, et affecté à la garde des canaux (écluses et ponts) où son déplacement dura 15 mois consécutifs. 

Extrait du livre "L'étrange ascension d'un maire de Nantes: André Morice" de Frank Liaigre.

"....le groupe mobile de réserve Dupetit-Thouars, force de police idoine pour réprimer les maquis, est muté le 23 décembre 1943 à Toul, en Meurthe-et-Moselle. Le GMR, qui demeure jusqu'à la Libération sous les ordres de Charles Donati, ne sera pas rapatrié avant la Libération."

En septembre1944, il a participé à la libération de la Meuse et établi le contact avec la 3ème Armée Américaine à BAR LE DUC. 

A cette occasion de nombreuses citations ont été accordées aux personnels de l'unité avec attribution de croix de guerre. 

A partir de BAR-LE-DUC, il a accompagné l'Armée Américaine dans sa progression, et a aidé les nouvelles autorités (préfets et sous-préfets) à s'installer jusqu'en Lorraine. Le groupe a participé également à la libération de METZ (22 novembre 1944).  Le GMR disposait d'une automitrailleuse récupérée sur l'armée allemande.

De nombreuses médailles commémoratives de cette opération (libération de Metz) ont été également attribuées aux personnels, dont les officiers. 

Suite au retrait de l'armée Américaine partie vers les Ardennes (décembre 1944),  le lieutenant Leconte était resté seul avec sa section à occuper la sous-préfecture de Lunéville après (sous-préfet absent) ; cet intermède a duré deux semaines.

La CRS n° 42 est rentrée à Nantes au printemps 1945 avec son automitrailleuse. L'unité a défilé à pied de la gare au cantonnement de la Bourvardière sous les acclamations de la foule. Il faut préciser que le GMR disposait d'une musique qui a perduré au sein de la CRS 42 jusqu'en 1960.

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   Chambrée du GMR  (1942)

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Activités sportives dans  le parc du Château.

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Cours de topographie

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Salle de cours  château de la Bouvardière

Le lieutenant Leconte a poursuivi sa carrière à la CRS 42 jusqu'à sa nomination au commandement de la CRS 196 à Bone en 1956. Il est revenu à la tête de la CRS 42 en 1966 jusqu'en 1971.

Dans le parc, on peut reconnaître le lieutenant Emile Olivier, grâce à sa stature (1m90) et à ses cheveux en brosse. Il se consacrait beaucoup aux activités sportives. Après avoir longuement commandé la CRS 32 du Havre, il a été affecté en tant qu'adjoint au chef du 3ème groupement à Rennes en 1963, jusqu'à son départ en retraite vers 1971. Retiré à Port-Louis, sa ville d'origine, il a exercé un mandat de maire avant de disparaître prématurément.

Pendant l'absence du GMR, les autorités allemandes ont réquisitionné le cantonnement, ils y ont installé une cour spéciale formée par la Gestapo qui jugeait les maquisards. Ceux qui ont été fait prisonniers en juin 1944 lors de la destruction du maquis de Saffré, ont été jugés le 29 juin (une trentaine) dans la plus grande salle du château. A part 2, ils ont été condamnés à mort et immédiatement fusillés contre le mur d'escalade du parcours du combattant aménagé dans le parc du château. Un monument et une plaque marquent le souvenir de cette tragédie, commémorée chaque année. (Mémoires de Saffré)

 

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Mur du parcours du combattant

Durant les années d'après-guerre, un cantonnement important a été construit dans le parc de la Bouvardière. D'abord un garage et des locaux pour les services de la CRS 42 puis 5 grandes baraques pouvant accueillir 4 compagnies de passage. Le Préfet avait estimé nécessaire de disposer de cette capacité d'accueil pour faire face aux périodes troublées de la région nantaise. Par ailleurs le camp de Beauregard, près de St Nazaire, pouvait héberger 7 unités.

Enfin un cantonnement neuf a été construit et occupé en juin 1976.

 

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(*) Aristide Aubert du Petit-Thouars (Wikipédia)

Il fait partie de l'expédition d'Égypte, lors de la bataille d'Aboukir, en qualité de commandant du Tonnant. Il force le HMS Bellerophon à amener son pavillon, et se dégage du HMS Majestic. Ces combats, d'une violence extrême, lui emportent successivement un bras, puis les deux jambes. Refusant d'abandonner son commandement, il se fait placer dans un baquet de son qui se trouvait sur le pont, et assume son commandement jusqu'à ce que les hémorragies aient raison de lui. Son dernier ordre est, dira-t-on, de clouer au mât le pavillon tricolore pour qu'il ne puisse être amené. Charles Mullié affirme que, tant que ses forces le lui permirent, il continua de donner des ordres, et il cria en expirant : « Équipage du Tonnant, n'amenez jamais votre pavillon ! ».

(** ) Lucien Gauthier  Capitaine au 24 R/T, officier de la légion d'honneur,démobilisé le 27/02/1942, il entre dans la sureté Nationale le 1er mars. Commandant du GMR Dupetit-Thouars en mai 1942, il sera commandant de groupement des CRS de Versailles le 01/11/1948 et Chef d'Etat Major des CRS le 01/09/1949.

(***) Louis-Alexandre Audibert (Wikipédia)

En mai 1943, alors qu'il a 69 ans, l'Armée Secrète lui demande de prendre le commandement de la Résistance départementale. Il devient responsable de l’Armée Secrète pour les départements bretons ainsi que de la Loire-Inférieure, la Vendée, le Maine-et-Loire, la Mayenne et l’Indre-et-Loire. Il participe à la mise en place de l'Organisation civile et militaire (OCM) de Bretagne et travaille à l’unification des mouvements de résistance.

En janvier 1944, des arrestations à Nantes l'incitent à quitter la ville. Après avoir trouvé refuge sur l'île de la Jument, il rejoint en février le monastère des Augustines à Malestroit.

Il y est arrêté par la Gestapo le 17 mars 1944. Torturé, il refuse de parler, et reste sourd d’une oreille. Il est ensuite déporté à Buchenwald, tandis que son épouse, Claire, née Doré-Graslin, et sa fille Geneviève sont arrêtées et enfermées à la prison de Nantes. Claire Audibert est déportée à Ravensbruck où elle mourra gazée en prenant la place d'une jeune fille de 18 ans. Le général Audibert est libéré par l’armée américaine du général George Patton.

Pour aller plus loin : les archives versées par le Secrétariat administratif pour la Police d’Angers sous la cote 73 W......

CRS n° 42



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