De tout temps, en période troublée, les effectifs de police se sont montrés insuffisants pour rétablir l'ordre.
Les autorités civiles faisaient donc appel systématiquement à l'armée (troupes de ligne ou Gendarmerie). Mais, la non spécialisation de ces effectifs posait des problèmes, tant à ces unités, qu'aux autorités qui les employaient.
C'est par la loi des 19 - 24 juin 1851, à la suite de l'insurrection des Canuts et des événements de juin 1848 que fut créée à LYON la première police d'état. A l'époque, celle-ci était divisée en compagnies, armées de fusils et logées en casernes (au lendemain de la guerre 14-18 ces casernes lyonnaises étaient encore occupées par des policiers). Mais ces compagnies de Police d'état créées dans des grandes villes comme LYON et NICE - après son rattachement en I86O - étaient insuffisantes, car les gros maintiens de l'ordre réclamaient déjà une concentration plus importante d'effectifs. Il fallait donc créer une force capable de se déplacer et d'intervenir en tous points.
C'est la loi de finances du 22 juillet 1921 qui autorisa la formation des premiers pelotons mobile de gendarmerie qui se dénommèrent rapidement " Peloton de Garde Républicaine Mobile " puis, en 1941 " Garde".
La "Garde " passa successivement pour l'emploi sous l'autorité du secrétaire d’état à la Police en 1942, sous celle du Ministère de l'Intérieur en 1943 et en 1944 sous l'appellation de " Garde Républicaine " sous l'autorité du ministère de la guerre. En 1945, un décret décide sa fusion avec la Gendarmerie et en 1954 la "Garde Républicaine" au sein de la Gendarmerie Nationale prend le nom de "Gendarmerie Mobile".
Si cette force s'est spécialisée dans le maintien de l'ordre, son rattachement au ministère de la Guerre suscite de nombreuses réticences et dès 1936, l'idée d'une force mobile de police est lancée.
- Extrait du rapport de monsieur le président du conseil, ministre de l'intérieur à monsieur le Président de la République Française :
" Le caractère dominant de cette organisation réside dans la mobilité des forces de police chargées par une surveillance constante, d'assurer le maintien de l'ordre et la sécurité publique sur l'ensemble de la zone où fonctionnera la Police d'État. Centralisées dans les agglomérations les plus importantes, ces forces pourront être déplacées à tout instant pour suppléer à l'absence ou à l'insuffisance de moyens d'action sur tous les points de la région où le besoin s'en fera sentir." - Albert SARRAUT le 11 mars 1936.
Cependant, cette formule n'est appliquée que dans le département de Seine et Oise avec la création de " Groupes Mobiles de Gardiens de la Paix ".
C'est en s'inspirant des " Groupes Mobiles de Gardiens de la Paix " que le Gouvernement décida en 1941, de créer des forces organisées suivant les principes militaires, mais relevant directement du pouvoir civil ; ce furent les "Groupes Mobiles de Réserve". Ces formations composées uniquement de Gardiens de la Paix furent rattachées au secrétariat d'État au maintien de l'ordre et, après l'occupation de la zone Sud, elles furent réparties sur l'ensemble du Territoire Métropolitain.
Dissoutes à la libération, ces unités furent aussitôt remplacées par d'autres : les "Forces Républicaines de Sécurité", les "Compagnies de Réserve de Sécurité, les Groupes Républicains de Sécurité, puis, dés fin 1944, par les "Compagnies Républicaines de Sécurité" qui calquèrent leur organisation sur les "Groupes Mobiles de Réserve" et s'implantèrent aux lieux et places de ceux-ci.