Les Polices Mobiles

LES C.R.S.


COMPAGNIES

RÉPUBLICAINES

DE SÉCURITÉ

Ancien logo CRS

A) - CRÉATION :

Le 8 décembre 1944.

La Direction des Groupes Mobiles de Réserve, les Commandements régionaux et les Groupes Mobiles de Réserve stationnés sur l'ensemble du territoire Français sont dissous.

Il est créé dans l'ensemble du territoire des forces mobiles de police appelées "Compagnies Républicaines de Sécurité". Ces forces sont groupées dans chaque région sous l'autorité d'un commandant régional placé sous les ordres du secrétaire général pour la Police de la Région.

Il est créé vingt commandements régionaux répartis comme suit :

Un pour l'ensemble des départements de Seine et Oise et Seine et Marne.

Un pour la Moselle.

Un pour chacun des 18 commissariats régionaux

Le nombre des Compagnies Républicaines de Sécurité est fixé à soixante-dix comprenant chacune : 

1 Commandant

4 Officiers

4 Brigadiers-chefs

17 Brigadiers

21 Sous-brigadier

170 Gardiens

1 Médecin auxiliaire.

( Voir pièce C1- engagement d'un médecin auxiliaire )

B )L’histoire des CRS de 1944 à 1990 

8 décembre 1944

Le décret créant les Compagnies Républicaines de Sécurité est signé.

Hiver 1944 - 1945

Le 31 janvier 1945, une réunion est organisée à Marseille sur la création des CRS. 

(voir pièce C2 - "création des CRS à Marseille" )

Une forte compagnie occupe, avec les troupes alliées, le ville de Strasbourg récemment libérée et tient, au bord du Rhin, des avant-postes qui s’opposent aux infiltrations de petites unités ennemies.

Pour effectuer la surveillance des frontières, les hommes des CRS furent déployés en zone montagneuse.

Poste frontière gardé par les CRS

( La CRS 147 garde les frontières )

7 mars 1945

Une ordonnance confirme la création des CRS.

( voir document - " Directives pour l'instruction dans les CRS"
et    " Instruction des jeunes gardiens pendant les trois premiers mois de service. " )

Les CRS participent au rétablissement de la légalité républicaine. Elles remplissent plus particulièrement des missions de surveillance et de prévention des pillages et des trafics illicites. Mais aussi l'assistance aux personnes sinistrées. La garde des prisonniers allemands. La surveillance des centres d'internement de miliciens et de collaborateurs. 

1946

Les CRS assurent, de concert avec les troupes alliées, la garde des dépôts de matériel sensible.

1947

Un détachement de la compagnie de Grenoble garde les débris d'un Dakota d'Air France tombé à 2300 m dans le Vercors. La mémoire collective des CRS situe là leur engouement pour le sauvetage en montagne. En juillet, la surveillance de la construction du barrage de Tignes sert d'entraînement à une section de la compagnie. En été 48, des CRS étaient formées dans le but de créer dans les Alpes et les Pyrénées les premières sections de montagne. Celle-ci ne seront officiellement mises en place qu'en 1957.

Le 12 novembre à Marseille lors d'une manifestation violente du parti communiste Français et de la CGT devant la mairie les CRS sont débordées. Les deux compagnies présentes (composée en parti de militants communistes ) seront soupçonnées d'avoir favorisé la mise à sac du palais de justice et l'envahissement de la mairie en se laissant volontairement déborder par les manifestant. Monsieur Defferre dira le 13 novembre, devant l'assemblée en parlant de ces unités : "ces dernières n'ont pas accompli leur devoir à Marseille, au contraire, elles ont fait preuve d'une partialité absolument révoltante...".

Les fonctionnaires des CRS dans cette affaire "ont-ils été obéissants ? ou ont-ils bien fait de ne pas l'être ?" Le livre déjà cité de Maurice AGUILHON et Fernand BARRAT " CRS à Marseille" apporte un éclairage sur l'historique de ces événements.

Le 15 novembre les deux compagnies, les CRS n° 151 et 155 sont désarmées puis dissoutes. 

Les étapes courantes, des unités, lors des déplacements atteignaient 200 kilomètres, parcourus à bord de camionnettes mal bâchées. Entre le 20 novembre 1947 et le 10 décembre, les unités parcourent 500000 kms. Les commandants d'unité utilisaient des tractions avant. Aucun des véhicules n'était protégé. La direction des CRS imaginait déjà l'installation de grillages sur les pare-brises, les phares et les vitres.

1948

Les CRS participent, dans des conditions particulièrement difficiles au rétablissement de l’ordre:

- Usines Renault et usines Citroën,
- SNCF et services publics,
- Secteur Bancaire et grands magasins. 

En Lorraine, dans les houillères du Nord et du Pas-de-Calais et dans les puits de mine de la Loire et des Cévennes. Les forces mobiles sont engagées dans 1200 opérations de maintien et de rétablissement de l'ordre.

La loi du 27 décembre 1947 et le décret du 26 mars 1948 portent réorganisation des CRS. Le Décret du 7 janvier 1948 porte sur la dissolution du groupement des CRS de Marseille et de 11 compagnies.

L'ampleur et la violence des manifestations conduisent le gouvernement à donner aux CRS un champ d'action plus vaste que leur région d'implantation.

LLe 2 octobre 1948, après que les CRS aient repris le puit Laval, dans le Gard, 70000 personnes l'investissent à nouveau. Les policiers sont frappés à coups de barres à mines et de pics. Beaucoup seront grièvement blessés, les membres fracturés.

Le 20 octobre la CRS n°161 est prise à partie à "la Grand Combe" dans le bassin d'Alès ( cette unité comptera 80 blessés dans ses rangs). Contrairement à d'autres forces engagées, les CRS ne feront pas usage de leurs armes. "Jamais, sauf pour riposter au feu de l'adversaire!"

Alors que les premiers transports de compagnies de CRS par voie aérienne ont lieu, les chevaux existent encore dans les CRS.

(( voir pièce C6 - Les chevaux des CRS)

En mars 48 le service intérieur des CRS note dans son article 91, au sujet des repos : "pour quinze jours de déplacement, repos : zéro. Au delà de quinze jours : une journée. Plus de trente jours, deux journées, plus de quarante cinq jours, trois journées, plus de soixante jours : quatre journées"

(( voir document photos -Cérémonies dans les CRS 171 et 172)

1949

Les CRS surveillent et protègent les transports de matériel vers les bases aménagées en Europe dans le cadre de l’alliance Atlantique.

La circulaire du 28 mai 1949 précise que les CRS sont spécialisées dans le maintien de l'ordre mais qu'elles interviennent aussi "en cas de sinistres graves et de calamités publiques", dans cet esprit, en été les CRS sont dépêchés pour combattre les incendies de forêts. Les compagnies seront de plus en plus souvent employées lors de missions de protection civile. (c'était aussi une mission de GMR)

1950

Missions de Protection Civile : En janvier, 120 hommes de la CRS n°101 ont combattu un gros incendie au pont du Rhin à Strasbourg. 120 hommes furent employés en avril pour un incendie à Longuyon en Meurthe et Moselle. De juin à septembre, les CRS n° 162 et 183 fournirent près de 200 hommes pour les feux de forêts dans le Gard et le Var.

EEn novembre, près de 40 hommes de la CRS n° 147 de Grenoble participèrent à la recherche des victimes d'une catastrophe aérienne dans le massif de l'Obiou, en Isère.

( voir document photo - " sauvetage de l'Obiou")

Les Brigades  Régionales Motocyclistes (BRM) de la Police Routière sont placées sous le commandement des groupements des CRS.(circulaire du 25/11/50) (La première brigade motocycliste date du 1er juin 1935 en Seine te Oise - en 1944 ont comptaient une centaine de policier à moto.)

Dans le cadre de l'Étatisation de la police des départements d'Outre-mer, La Martinique, la Guadeloupe et la Réunion se voient affecter chacune un détachement de fonctionnaires des CRS.

1951

La circulaire n° SN/CRS/2/N° 0273 du 2/1/51 précise les modalités de participation des CRS à la Protection Civile.

((voir Pièce C3 - "CRS et protection Civile ";

En été 51, la CRS n° 62 de Troyes reçoit 12 cars de brigade en remplacement des transports de personnels bâchés U23. En un an il est prévu d'équiper ainsi 15 autres compagnies. Dans les brigades motocyclistes les ";;Terrot 500" seront remplacées par des Motobécanes 500 pour les CRS et des SEMC 750 pour les BRM.

1952

Le 29 mars, la CRS n° 147 de Grenoble et la CRS n° 175 de Lannemezan défilent au grand Palais et reçoivent, dans le cadre de la Protection Civile, la Médaille pour acte de courage et de dévouement. La première ne compte plus les sauvetages en montagne, la seconde a participé aux secours dans le Sud Ouest, lors des inondations du 2 au 5 février 1952.

Douze compagnies assurent la liberté du travail dans le bassin minier des Cévennes où s’est déclenchée une nouvelle et vive agitation.

Les Compagnies Républicaines de Sécurité reçoivent leur Drapeau.(décret du 15/10/1952)

Drapeau des CRS

Dès les premières manifestations d'une certaine activité rebelle dans les " Aurès ", 3 compagnies débarquent à ALGER, ORAN et PHILIPPEVILLE  le 24 avril 1952, pour effectuer, dans les départements algériens, des patrouilles destinées à rassurer les populations de toutes origines et à manifester la présence des forces de sécurité.

( voir document photo - " Établissement d'un cantonnement de circonstance " )

Le drapeau des CRS est confié à tour de rôle à chaque groupement des CRS qui assure la garde pendant un an.

1953

Un groupe de compagnies intervient en août à NANTES, où ont éclaté de graves désordres.

Dans le même temps, 32 compagnies sont rassemblées dans le Languedoc pour assurer la liberté de circulation compromise par les barrages routiers édifiés par les viticulteurs.

(document photo)

Lors de nouvelles manifestations paysannes, 30 compagnies sont regroupées dont 10 dans le Centre et 19 dans l'Ouest au mois d'octobre, puis 7 compagnies en Touraine au mois de novembre et 17 de nouveau dans le Centre en décembre.

Les Brigades Routières motocyclistes (BRM) sont réorganisées et deviennent les "Pelotons motocyclistes" (P.M.) des C.R.S. 

   crs 205

 

Case courrier du peloton motocycliste de la CRS n° 181 et 205.
( voir document photo - " La BRM de Montpellier ")

1954

Les grèves généralisées d'avril- mai mobilisent 30 compagnies.

A la suite de l'éclatement de la rébellion le 1er novembre "la Toussaint Rouge" ou "Toussaint Sanglante" , 20 compagnies sont envoyées, en 48heures, en Algérie. Soit 1/3 du Corps.

( voir  les documents qui se rapportent à l'Algérie :

Note sur l’utilisation des CRS en Algérie

Tableau sur les séjours des CRS en Algérie

Les CRS dans l’AURÈS

Les CRS en Algérie

Étude sur l'aménagement des cantonnements en Algérie

Photos de la visite du directeur de la sûreté nationale à la CRS 207)

7 mars 1955

Le 3 janvier, création du Centre National d'Entraînement d'Alpinisme et au Ski (CNEAS) à GRENOBLE.

Premier stage au CNEAS Les premiers guides haute montagne des CRS

En métropole, le développement de manifestations de diverses origines entraîne une utilisation massive et répétée des unités :

6 compagnies à PARIS en janvier,

15 compagnies en province en mars

6 compagnies à SAINT-NAZAIRE en juin

17 compagnies à NANTES en août et septembre

En Algérie, premiers accrochages meurtriers avec les bandes rebelles : en mai à EL MILIA.

Le 9 juillet, la CRS de St Brieuc connaît le baptême du feu, un gardien blessé. Le 20 à PHILIPPEVILLE, les locaux de la CRS 162 d'Uzès sont attaqués. D'autres accrochages ont lieu en août dans le Constantinois (SAINT-CHARLES, HÉLIOPOLIS, CONSTANTINE, PHILIPPEVILLE). Le Brigadier DUVERNEY est mortellement atteint.

1956

Premiers heurts en février, à ALGER, ( entre C.R.S. et français d'Algérie) lors de la visite du Président du Conseil des Ministres. Les européens d'Algérie, ne comprennent pas que les CRS puissent réagir de la même façon contre eux, que face aux musulmans.

En mars, une compagnie est déplacée à COLOMB BECHAR pour surveiller les installations minières.

En mai, à BÔNE et CONSTANTINE, les C.R.S. sont placées sous commandement militaire.

Au cours de l'année sont créées les 7 premières compagnies "Algériennes". Elles sont implantées à ALGER (2), CONSTANTINE, BOUGIE, BÔNE, ORAN et MOSTAGANEM. 

1957

Les C.R.S sont intégrées dans le dispositif militaire mis en place par le Colonel BIGEARD. Une compagnie est implantée dans la Casbah d'ALGER, au côté de quatre régiments parachutistes.

Le groupement central des C.R.S. en ALGÉRIE et les Groupements d'ALGER, ORAN et CONSTANTINE sont créés. Le nombre des compagnies " Algériennes " est porté à 12, puis 16.

Formation de quatre sections de Montagne à GRENOBLE, NICE, PERPIGNAN et LANNEMEZAN.

Des équipes de la prévention routière se déplacent dans les écoles

( Piste routière de la CRS n° 14 de Bordeaux )

1958

L'investissement du palais du Gouvernement Général d'ALGER par les manifestants entraîne à PARIS la chute du gouvernement PFLIMLIN.

En métropole, des sections de montagne sont créées à GRENOBLE, NICE, PERPIGNAN et LANNEMEZAN.

Le passage de la IVème à la Vème République entraîne l'utilisation de toutes les compagnies, tant en ALGÉRIE qu'en métropole où les attentats du Front de Libération National (FLN) sont de plus en plus nombreux.

Les CRS assurent des missions de quadrillage dans les grandes villes (LYON, METZ, ST ETIENNE, MARSEILLE...) ainsi que la garde des camps d'assignation à résidence.

La première expérience de surveillance des baignades par les C.R.S. est tentée sur les côtes bretonnes en collaboration avec les Hospitaliers Sauveteurs bretons (H.S.B.) : 38 Maîtres-Nageurs-Sauveteurs sont mis en place sur 20 plages.

plaque MNS 1951

                               Plaque de MNS 1951

1959

Le succès remporté par l'expérience des CRS - MNS sur les côtes bretonnes, était tel que le nombre de MNS de CRS était porté à 150. ( Vingt ans plus tard ce nombre attendra 900 )

MNS CRS avec leur Zodiac
( CRS et Hospitaliers Sauveteurs Bretons )

1960

Le 11 février, à Amiens, une manifestation d'agriculteurs se solde par un mort et de très nombreux blessés ; accusés à tort, les fonctionnaires des CRS recevront les excuses des organisateurs qui les ont confondus avec d'autres…..

Les C.R.S. interviennent à ALGER en décembre, dans des conditions très difficiles, pour éviter des affrontements sanglants entre les communautés européenne et musulmane.(Émeutes du 11 décembre 1960)

En métropole est lancée, au cours de l'été, l'expérience des brigades de protection des mineurs CRS dans les stations de vacances. (ROYAN, ARCACHON)

Naissance dans un certain nombre de stations balnéaires des Centres de Loisirs pour Jeunes (CLJ).

( voir pièce jointe C8 - "CLJ et piste motocycliste" )

Officialisation de la mission autoroutière des CRS sur les autoroutes de dégagement. ( En région parisienne, la surveillance de l'autoroute de l'ouest était assurée dès le début des années 1950 par des effectifs  CRS)

43 compagnies sont regroupées en mars pour assurer des services de sécurité dans diverses villes lors du voyage en France de M. KHROUCHTCHEV, Secrétaire Général du Comité Central du parti Communiste de l'U.R.S.S.

(Vidéo : véhicules des CRS dans les années 60)

1961

Putsch des Généraux du 22 au 25 avril 1961. Les CRS demeurent fidèles à la légalité républicaine.

L'extension de l'activité de l'O.A.S. en ALGÉRIE et en métropole, met les C.R.S. à rude épreuve : leurs cantonnements sont attaqués, leurs patrouilles tombent dans des embuscades meurtrières.

( Témoignage )

A Paris, des effectifs des CRS sont engagés pour le service d'ordre mis en place lors de la manifestation du 17 octobre 1961. Il semble qu'aucun de leurs hommes n'ait participé à la répression qui suivit.

1962

L'action de l’O.A.S. prend l’aspect d'une véritable guérilla urbaine. Les C.R.S, doivent s'adapter, contrairement à leurs habituelles règles d'emploi, à la rapide ouverture du feu et au combat de rues.

A ALGER, le 26 mars les premiers rangs d'une manifestation OAS s'ouvrent et des tireurs font feu sur les CRS. Le gardien PABAYLE en poste à la CRS 182 est tué, deux de ses collègues sont grièvement atteint. Les policiers ne riposteront que lorsque les manifestants auront évacué la rue. Le gardien tué est le troisième en quelques jours, après ses camarades CUBILIA de la CRS 193 et CHEYRERE de la 16.

Patrouille à Oran
( Oran CRS n° 175 )

Le même jour, rue d'Isly, des militaires inexpérimentés font feu sur une manifestation, en réponse à des tireurs isolés, sans entendre le "cessez le feu" d'un jeune officier : 49 morts et 200 blessés. Le directeur de l'IGPN témoignera : "si tout le service d'ordre avait été constitué par des CRS, il est certain que l'on aurait pas eu à déplorer la tuerie de la rue d'Isly".

Après l'affaire de la rue d'Isly, début de l'exode de la population "pieds-noirs" vers la France.

Le 12 avril, les gardiens Yves CHEZEAUX, Jean ROBVIEUX et Noël CROMBEZ sont tués dans une fusillade, en plein centre d'ORAN, 10 de leurs collègues sont blessés.

Car détruit à Oran en 1962
( Oran le 22/5/62 )

Les dernières C.R.S. quittent l'ALGÉRIE en septembre, 3 mois après le cessez-le-feu.

(voir pièce jointe C7 - "Tableau des CRS Algériennes" )

Quatre compagnies sont créées CRS 7, 8, 25 et 49.

Les CRS participent à l'expédition spéléologique de Michel Siffre.

( voir document - "Spéléologie avec Michel Siffre")

Dans les années 60, la CRS 201 de Nancy réalise un film documentaire : "Les Soldats de l'Ordre"  au format 9m/m 5 et d'un métrage de 650m - c'est le reflet sincère de la vie de cette unité.

1963

Les 19 compagnies créées en ALGÉRIE et repliées en métropole sont dissoutes par un décret du 28 octobre. Leurs effectifs sont répartis dans les compagnies métropolitaines.

Les pelotons motocyclistes deviennent Sections motocyclistes (SM) dans chaque compagnie.

1964

Nouvelle numérotation de l'ensemble des unités.

(voir pièce C4 - "des GMR de 1942 au CRS de 1964" )

1965

Le calme relatif que connaît le pays permet de donner une importance croissante aux missions de sécurité, sur la route et sur les plages notamment.

1968

Tableau de Georges Briata  "mai 1968"

L'agitation étudiante, née à la faculté de Nanterre le 22 mars avec l'occupation de la tour administrative de cette dernière, s'étend à la Sorbonne le 3 mai. Avant même que les CRS arrivent à PARIS, les manifestants scandent déjà "CRS SS!"… Les CRS sont accusés de tous les maux et de tous les dérapages des forces de l'ordre. Un commandant de CRS  témoin de violences dans la rue réunira ses troupes pour leur dire : "Ce comportement est indigne de policiers, au premier qui commet de telles exactions, je demanderai sa révocation immédiate".

40 compagnies sont utilisées simultanément à PARIS pour faire face aux graves émeutes de mai - juin. De très durs affrontements les opposent, à de nombreuses reprises, à des manifestants décidés et organisés. Les C.R.S. comptent de nombreux blessés, dont plusieurs grièvement.

Des unités sont également employées dans des villes de province où ont éclaté des troubles (LYON - SOCHAUX - BORDEAUX - NANTES)

Les CRS déplorent 656 blessés dans leurs rangs, dont 114 ont dû être hospitalisés.

Le nombre de victimes des incidents de mai se montent à cinq. Philippe MATHERION meurt après avoir été poignardé dans de mystérieuses conditions à Paris, Eric TAUTIN se noie à Flins

(voir document presse - "Enterrement d'Eric Tautin" )
,

Pierre BAYOT tué par balles à Sochaux (la justice saisie classera l'affaire), Henri BLANCHET qui dans la même ville tombe d'un mur et le commissaire LACROIX percuté à Lyon par un camion fou sorti des rangs de la manifestation qui fait face au service d'ordre.

Dans son livre "Printemps des enragés" Christian Charrière dira que les CRS étaient : "Les troupes les plus disciplinées et les mieux préparées"

( Voir documents - " mai et juin 1968 "  et  " Photos " )

Afin de ne plus confondre les CRS et les autres forces de l'ordre, elles se verront dotées de casques à deux bandes jaunes ainsi que de véhicules identifiables grâce à l'écusson CRS sur les portières avant, aux numéros de compagnie et de groupement sur la calandre.

Cependant l'avenir démontrera, que les journalistes continueront d'évoquer les CRS, dans les manifestations où elles ne mettent jamais les pieds.

( voir aussi documents photo - " CRS à Djibouti en 1968 " )

1970

Devant la violence des manifestants, petits commerçants, étudiants de droite et de gauche etc... -  les assemblées votent la loi anticasseurs.

Pendant l'hiver 1970, la CRS n° 49 de Montélimar porte assistance et secours dans des conditions difficiles aux automobilistes bloqués par des chutes de neige catastrophiques dans le couloir rhodanien. Elle est décorée de la médaille de Courage et de Dévouement avec port de la fourragère.

1971

En février, 26 compagnies sont articulées en 7 groupements opérationnels dans l'AUDE et 1'HERAUTLT pour contenir l’agitation paysanne.

En février et mars, plusieurs groupements opérationnels sont constitués à PARIS pour faire face à de violentes manifestations gauchistes.

 

Du 7 mai au 21 juin, incidents aux usines Renault de Flins.

En octobre, 15 compagnies sont regroupées dans la région parisienne et 10 compagnies en Provence pour participer aux services de sécurité à l’occasion de la visite de M. BREJNEV, Secrétaire Général du comité Central du Parti Communiste de l’URSS.

1972

Le 7 mars création d'une cinquième section de montagne à Briançon.

1973

Les manifestations qui accompagnent la fermeture des établissements " LIP " à BESANÇON nécessitent l'emploi de groupements opérationnels (4 à 18 compagnies) d'août 1973 à février.

Les CRS sont affectées à la garde des usines.

A PARIS, violentes manifestations contre la guerre du VIETNAM.

1974

25 compagnies sont utilisées pendant 15 jours dans le cadre d’un plan général de protection des établissements pénitentiaires.

17 d’entres elles interviennent dans 13 centrales et Maisons d’arrêt pour maîtriser les mutineries des détenus.

( voir le document - " mutinerie à la prison de Clairvaux " )

Plus de la moitié des CRS participent aux opérations " Sécurité et protection ". (appelées aussi Opérations coup de poing ). Destinées à lutter contre la petite et moyenne délinquance, elles sont lancées à PARIS et dans les grandes métropoles régionales.

Sont également mises en œuvre les premières "opérations anti Hold-up" sous la forme de patrouilles effectuées en fin d'année dans les grandes surfaces.

1975

Premiers attentats palestiniens à Orly contre la compagnie "EL AL"

Les terroristes tirent au bazooka contre un avion de la compagnie israélienne sans le toucher.

Le 19 janvier seconde tentative avec prise d'otage dans l'aérogare. Un CRS est blessé.

Début des missions de sécurité dans les aéroports.

Fusillade à Bastia, des hommes cagoulés tirent contre la CRS n° 46 de Lyon en barrage devant la sous-préfecture. Après que trois hommes aient été touchés par balle, le brigadier CASSARD s'écroule frappé mortellement. Il est trois heures du matin, le commandant ordonne de tirer sur les réverbères dont la lumière crue expose trop ses hommes. Ce n'est que lorsque les badauds seront à l'abri qu'il fera tirer sur les embusqués. Il y aura 17 blessés du côté des forces de l'ordre.

(presse)

1976

Suite à l'arrestation de deux viticulteurs de l'Aude, les actions de commando se multiplient contre différents établissements publics. Le lundi 1er mars ils déclarent aux micros des radios et des télés "qu'ils avaient des armes et qu'ils n'hésiteraient pas à s'en servir."

Le 4 mars, la CRS 26 de Toulouse est prise en embuscade sur la route de MONTREDON. Le Commandant LE GOFF qui se dirige vers le barrage d'émeutiers est touché aux jambes, puis reçoit une balle en pleine tête, il est tué sur le coup. Des hommes ouvrent le feu de chaque côté des véhicules immobilisés et 19 CRS sont blessés par balles. Les CRS ripostent et la fusillade ne cessera que trente minutes plus tard. Un vigneron trouve également la mort dans cette action. 

(voir pièce C5 - " Etat des blessés " + " presse " )

Départ du premier détachement de CRS pour la garde de l'ambassade de France à BEYROUTH.

Le 12 août, le brigadier MARCK et le gardien GIRARDIN de la CRS n° 38 de MULHOUSE sont tués par un obus de mortier.

1977

29 et 30 juillet manifestation des "Verts" contre la centrale nucléaire de CREYS MALVILLE.

Le 28 décembre 1977, le nouveau décret organique des CRS les définit comme :

Un élément de la force publique composé d'unités de police en uniforme constituant le corps de réserve générale de la police nationale.

A ce titre, la mission des compagnies républicaines de sécurité est de contribuer, sur le territoire national, à l'exécution des mesures prises pour l'application des lois et des règlements, dans les domaines notamment du maintien de l'ordre public et de la protection des personnes et des biens.".

1978

Le 20 mai, les CRS qui renforcent la police de l'air et des frontières aident à la fouille et à la protection. Soudain des individus font feu au pistolet mitrailleur, les brigadiers chefs THIBERT de la CRS n° 40 de DIJON et JEAN de la CRS n°31 de ROUEN trouvent la mort lors du troisième attentat palestinien contre la compagnie "EL AL" à Orly-Sud. Cet acte entraîne le renforcement des dispositifs de sécurité dans les aéroports français.

1979

L'année 1979 connaît un nombre important de manifestations liées à la restructuration de la sidérurgie française. Certaines prennent un caractère particulièrement violent :

Le 7 mars à Denain, au cours des affrontements avec les manifestants, des coups de feu éclatent. La CRS n° 16 de St OMER compte sept blessés dans ses rangs, aucun CRS ne tire.

Le 23 mars à PARIS, la manifestation nationale dégénère et donne lieu à de violents affrontements, en particulier sur la place de l'Opéra et à la gare de l'Est.

1980

Le 9 janvier à AJACCIO, fusillade au cours d'un maintien de l'ordre. Les CRS en barrage sont face à des centaines de manifestants. Des coups de feu claquent, le Gardien MASSOL de la CRS n° 28 de MONTAUBAN est tué. Trois autres fonctionnaires sont blessés ; là encore, les CRS gardent leur sang froid et ne font pas usage de leurs armes.

(presse)

Le 30 octobre à PARIS, attentat de la rue Copernic. Renforcement de la mission de gardes statiques à PARIS.

Le 28 décembre, une cordée de montagnards des CRS dévisse à la Cascade des Moulins. L'aspirant guide CAUX, les premiers de cordée GUIGUES, MARIE, QUENTIN et DARRE trouvent la mort dans cet accident.

1981

De violents incidents éclatent dans le quartier de la banlieue lyonnaise, aux MINGUETTES. Pour la première fois, la société française se trouve violemment confrontée aux problèmes des banlieues des grandes villes.

1982

Pour tenter d'y répondre, un programme d'activités à dominance sportive est proposé aux jeunes. Les gradés et gardiens CRS animateurs d'activités physiques participent aux premières "Opérations Prévention Eté".

Différentes manifestations d'écologistes ont lieu contre la centrale de CHOOZ dans la région de Givet.

Le 15 mars près de St ETIENNE DE BAIGORRY, des terroristes tirent sur une patrouille portée de la CRS n° 19 de LA ROCHELLE provoquant la mort des sous-brigadiers BOUYER et ROUSSARIE.

1983

Les manifestation anti-nucléaire se poursuivent.

1984

Le 24 juin à PARIS, manifestation de masse pour la défense de l'école libre. 41 compagnies sont mobilisées pour cet événement.

En novembre 1984, les premières compagnies de CRS sont envoyées à NOUMEA où l'état d'urgence est instauré. Quatre fonctionnaires ont été blessés par balle.

 
( Véhicules de maintien de l'ordre à Nouméa...)

1985

En mars, mise en place d'un service de sécurité et de protection anti-attentat sur les réseaux SNCF du Sud-Est.

Le 29 mai à IVRY, violente manifestation du personnel de l'entreprise SKF.

Le 8 mai à NOUMEA, de graves troubles à l'ordre public prenant la forme d'une émeute éclatent à l'occasion de la commémoration de l'Armistice.

1986

Suite à la vague d'attentats commis au printemps sur l'ensemble de la capitale, un service de patrouille nocturne est mis en place dans tous les arrondissements parisiens.

Les manifestations de novembre et décembre rassemblent de nombreux manifestants contre le projet de réforme des universités. De graves incidents se produisent au Quartier Latin. La plus importante des manifestation se terminera par la mort d'un jeune homme, Malik OUSSEKINE.

Le 1er décembre arrivent les premiers policiers auxiliaires affectés en CRS. Ils renforcent les unités autoroutières des compagnies en assurant leur service sur les autoroutes de dégagement.

Installation du CNEAS à CHAMONIX.

Officialisation de la CRS des Alpes du Nord        (document)

1987

Pour les seuls deux premiers mois de cette année, quarante unités de CRS ont été utilisées sur les soixante en service, dont près de douze pour la Préfecture de police de Paris.

1988

En février, manifestation contre la fermeture du dernier puits du bassin houiller lorrain.

1989

Grèves des personnels pénitentiaires, elles touchent principalement les établissements de MARSEILLE, LILLE et la région ILE DE FRANCE.

Les CRS se substituent au personnel surveillant en grève à l'intérieur des quartier de détention.

Pour les cérémonies du Bicentenaire de la Révolution Française, les 14 et 15 juillet, 39 compagnies renforcées d'effectifs provinciaux des sections motocyclistes, sont mobilisées. Elles font face aux cérémonies et festivités qui coïncident avec le Sommet des chefs d'Etat des pays les plus industrialisés à l'Arche de la Défense.

A Bastia, les manifestants cherchent à investir la préfecture gardée par les CRS.

Un fonctionnaire de la CRS 26 montre avec humour ces difficiles événements : 

 

1990

Le 31 mars création d'une section montagne à ALBERTVILLE.

Des troubles à l'ordre public éclatent à VAULX EN VELIN, dans la banlieue lyonnaise.

Une importante manifestation de lycéens contre l'insécurité dans les établissements scolaires dégénère avec l'intervention de jeunes des cités venus pour piller.

Des incidents éclatent à Montparnasse où des magasins sont mis à sac.

Les 32 compagnies engagées notamment lors de violents affrontements sur le pont de l'Alma compteront 220 blessés dans leur rang, 52 pilleurs seront interpellés.

( Manifestations du 12/11/90 )



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