Les Polices Mobiles

CRS  n° 103

 

    
 
                De Décembre 1944 à janvier 1945, le Colonel GENTIEN, commandant les Compagnies Républicaines de Sécurité, fait appel aux policiers volontaires des différentes régions libérées pour créer les compagnies de METZ, STRASBOURG et MULHOUSE.
                C'est ainsi qu'une note de service datée du 19 janvier 1945, adressée Secrétaire Général pour la Police de la Région de LYON, ordonne à 2 Brigadiers-Chefs, 1 Brigadier, 1 Sous-brigadier et 4 (Gardiens en service dans les unités lyonnaises, de rejoindre le Commandement régional des CRS à VERSAILLES  pour être affectés à la Compagnie de MULHOUSE, en formation à la CRS N° 5, alors casernée au casino d'ENGHIEN-les-BAINS. Les effectifs destinés à METZ et STRASBOURG y sont également regroupés.
                Le 1er février 1945, les personnels destinés à former un embryon pour chacune des trois Unités sont  acheminés par voie ferrée, rame spéciale, vers METZ et STRASBOURG.
                A STRASBOURG, une déception attend l'embryon de la C.R.S. N°103 qui devra patienter sur place jusqu'à la libération définitive de la poche de COLMAR. L'Ecole du Dragon l'accueille où il est pris en subsistance par une unité du corps franc POMIES, composé en majeure partie pur des personnels de police venus de LIMOGES. Employés immédiatement dans la ville et dans ses quartiers extérieurs encore soumis au feu d'en face, les personnels destinés à MULHOUSE participent à des patrouilles de protection de la population et de surveillance des édifices publics.
                 Enfin, le 25 février 1945, l'embryon n°103, sous les ordres du Lieutenant BERGER, file cap au sud, direction MULHOUSE, a bord d'un camion Renault 5 tonnes, remis la veille par les services du M.L.T.(actuel C.A.T.I.) dont l'installation à METZ et STRASBOURG commence a produire d'heureux effets. Passons sur les détails et disons qu'il fallut une journée entière pour atteindre la cité du Bollwerk !
                 Dès son arrivée, le détachement est pris en subsistance par une section de la. C.R.S. de REIMS, arrivée quelques jours plus tôt au Cercle Saint-Joseph, rue Thénard, venant de BELFORT
                 Le lendemain, le Lieutenant BERGER obtient de M. EHRART, Commissaire central du moment, la liste des locaux vacants susceptibles de constituer un casernement à l'unité en gestation. Ces visites aboutissent au choix des immeubles sis 25, rue des Amidonniers, appartenant à M. BREIG et ayant servi à la Feld-gendarmerie allemande. Les anciens de la première heure - le Brigadier-chef HAAS, actuel Chef de la Section Motocycliste est un de ceux-là - se souviennent des pénibles travaux qu'ils durent effectuer pour débarrasser les lieux des détritus accumulés par les troupes de la Libération qui n'avaient trouvé là qu'un gîte d'étape avant de poursuivre leur  marche victorieuse.
 
Réception de monsieur le secrétaire d'Etat à l'intérieur.
26 août 1946
Défilé en tenue de sport
Présentation de la garde d'honneur.
 
Rue des Amidonniers
 
Prise d'armes au monument du Silberloch.
11 juillet 1946
Préparatifs du retour
 
                   Le 1er mars 1945, soit trois jours seulement après l'arrivée de son détachement, le Lieutenant BERGER installait son personnel ici même. Sans perdre un instant, sous l'impulsion du Commandant Régional, appuyé par les hautes personnalités départementales et locales, par la Presse, l'officier commençait le recrutement des Gardiens  et celui du personnel auxiliaire.
                     Le commandant Hansperg prend le commandement. les premières missions de l’unité ont consisté en la garde de prisonniers allemands dont un camp était installé en forêt de la Hardt et en celle de camps de collaborateurs installés au Struthof et à Epinal. La compagnie assurait également la garde des postes frontières s’étendant de la frontière suisse à la frontière allemande de Neuf-Brisach.
                      Animée et entraînée par ses chefs successifs, commençait l'accomplissement de la mission qui a conduite la compagnie aux frontières, aux ports, aux aérodromes, en Algérie, sur les axes routiers, en Algérie encore, de nouveau aux frontières et en tous points du territoire  national, pour aider, en toute humilité, les responsables de la Sécurité et de la Tranquillité Publiques dans leur lourde tâche administrative ou judiciaire.
 
                   Lors de sa création, la C.R.S. N° 103 faisait partie du Groupement N° 10 de Strasbourg dont le P.C., installé à Kehl, était commandé par le Colonel PORTE. Ce groupement réunissait 3 compagnies. La C.R.S. N° 101 de Strasbourg, la C.R.S. N° 102 de Haguenau (transférée en 1948 au Mans), et la C.R.S. N° 103 de Mulhouse.
                     Ce groupement, dissous en 1949, les deux compagnies restantes ont été rattachées au Groupement N° VI de Metz, dont le commandement était assuré par le Colonel CAPELLE, puis PAILLERDT, DANTHENY, SAUVAGEOT, BAILLOT, BESCOND, DOUCET, LACROIX, CHRIST, VIBIEN, JOLLY, GALLIOT, MARCHADO et actuellement le commissaire divisionnaire KLEIN.
 
 
                       Les commandants successifs de la C.R.S. N° 103 puis 38 ont été les suivants :
Commandant HANSPERG, BRANDEBOURG, ETIENNE, DAVID, GANDRE, MUSSET, DEBLICK, SIMON, CARE, GABRIEL, VUILLEMIN, REYMOND-LARUINAZ, STIL, SCHMITT, DELEHEDDE, FRIEDRICH.
 
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Extraits tirés du livre de J.L. Dierstein :"Nous les indispensables mal aimés"
 
                    Le 29 mai 1946 le brigadier J.L. Dierstein est désigné comme chef de groupe pour aller prendre en compte six side-car à Dijon et les ramener à Mulhouse. L'unité se déplace à Schoennau avec pour mission d'intercepter les prisonniers allemands qui tentaient de revenir en Allemagne en traversant le rhin à la nage, souvent accrochés à des troncs d'arbre. Chaque arrestation rapportait une prime de mille cinq cent francs....... en octobre même mission à Kinheim..... La compagnie arrêtera en moyenne 20 P.G.A. par mois. Les déplacements de quarante-cinq jours se succédaient à un rythme infernal.....engagements très musclés avec les grévistes communistes, des hébergement de hasard, avec comme literie, un sac de paille, une couverture et le manteau pour se couvrir. Les grenades lacrymogènes étaient des espèces d'ampoule en verre, capacité 250 cm3 de gaz liquide, livrées dans une boîte en carton gris et reposant sur de la laine de bois. Nous les transportions dans les poches de nos manteaux et il arrivait que dans la bousculade des engagements, elles fussent écrasées et nous étions les premiers à en pleurer........Nous faisions les déplacements en train, et en troisième classe à huit par compartiments avec armes et bagages, tirés derrière des trains de marchandises. Souvent abandonnés en plein hiver, sans lumière, ni chauffage pendant des nuits entières, sur des voies de garage après avoir été copieusement tamponnés par des cheminots bien intentionnés......
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                Le 19 septembre à 14 heures la Sous-Direction des CRS sur demande du préfet du Haut-Rhin, donne téléphoniquement ordre à la CRS 103 déplacée à la surveillance fluviale du Bas-Rhin de rejoindre dans les plus brefs délais Mulhouse en vue de parer, dans une certaine mesure aux conséquences de la grève des Préposés des Douanes à la frontière Franco-Suisse.
                Le Commandant d'unité aussitôt avisé donne les ordres nécessaires pour que se regroupent, à Strasbourg tous les éléments disséminés sur un front de 115 kilomètres.
                On ne laissera que deux gardiens dans chaque poste pour permettre le passage des consignes à la CRS 148, unité relevant qui arrivera à Strasbourg le 22 seulement.
                La CRS 103 embarque en gare de Strasbourg à 23h35 et arrive à Mulhouse à 2 heures.
                 Le personnel prend un très court repos et à 5 heures embarque à nouveau en camions pour aller occuper les emplacements prévus à la ligne douanière franco-suisse, depuis Courtavon (limite du territoire de Belfort) jusqu'à Bâle.
-- A 7h30 les quatorze postes sont en place.
-- A 8 heures, les Douaniers  cessent  toutes activités.
              Moins de 18 heures après l'ordre téléphonique de la Sous-Direction, une unité très disséminée a effectué un déplacement rapide et ordonné, concluant à l'extrême mobilité des CRS.
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-- 10/10/48 au 02/11/48: Liebenswiller Haut-Rhin, près de Bâle à la frontière Suisse.
-- 07/09/48 : Déplacement à Strasbourg, garde et surveillance du Palais de l'Europe
-- 21/05/49 : Déplacement de 45 jours à la frontière de la Sarre. 
-- 23/11/50 : Déplacement à Strasbourg pour la surveillance du palais de l'Empire...
-- 04/01/51 stage à "Chaptal" le Centre National de la Protection Civile.
 
Moniteurs de secourisme à Chaptal (1951 et 1968)
 
-- 15/10/51 : Déplacement au Havre
-- du 08/05/ au 05/06/52 : Déplacement à Cherbourg et intallationau fort de Querqueville...
-- 08/08/52 : Consigne à domicile suite aux émeutes en Algérie.
-- 12/09/53 : Déplacement à Strasbourg...
-- 12/10/53 : Déplacement pour M.O.suite manifestation des agriculteurs à Gueret...
-- du 07/11/53 au 28/12/53: Déplacement à Marseille , nous sommes installé au "camp Delorme"...
-- En 1954 déplacement à Pougny à la frontière Suisse. En septembre déplacement à Strasbourg pour la protection de Mendès France.
-- Le 04/11/54 : Premier déplacement en Algérie en Avion -arrivée à Oran... retour le 31 janvier... 
-- 18/08/55 : Déplacement à Souk Ahras.... Philippeville et retour en métropole le 19/11/55....
-- 10/01/56 : je suis muté à Perpignan CRS n° 164 (Dierstein) et à la mi février déplacement en Algérie...... 

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Les Officiers nommés en 1945 :
 
Commandant    Hantzperg   Marcel
OP-1                     Berger         Gaston
OP-2                     Bouquet      Louis          et      Vetter   Marcel       et     Rivière   Georges
 
 
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