Les Polices Mobiles

CRS  "Martinique"

 

   
 
SIGNIFICATION ET DESCRIPTION HERALDIQUE :
 
                    L'insigne représente la baie de Fort-de-France et le ciel encadré de feuilles de palmier royal.
                   Sur le tout, enserrant la Flamme des CRS, une ancre marine et un trigonocéphale, serpent de la Martinique.
 
HISTORIQUE  DE  LA  C.R.S. "Martinique" :
 
Le Fort Saint Louis
En mars 1949 création du détachement de la Martinique avec 30 fonctionnaires.
 
En Janvier 1952 le détachement de la Martinique est porté à 52 fonctionnaires.
 
Cérémonie du détachement CRS à la Martinique (Coll Rodéric Martin)
 
En 1957, le détachement des CRS de la Martinique est porté à 100 fonctionnaires.
 
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Extraits d'un rapport sur les événements ayant contribués au départ du détachement de la Martinique
(Source : https://etudescaribeennes.revues.org/4881)
 

Les mouvements sociaux en Martinique dans les années 1960 et la réaction des pouvoirs publics

Par Laurent Jalabert

 

1.1. L’émeute de 1959 : incident ou malaise social ?
                    Le 28 décembre, le Secrétaire général de la Préfecture envoie au Chef du gouvernement un long rapport de synthèse destiné à relativiser la crise. Il rappelle la responsabilité des CRS : « certains éléments de la population n’attendaient qu’une occasion pour prendre à partie les CRS ». Selon ses informations, l’origine des deux morts reste confuse (règlements de compte entre bandes ou répression policière). Mais, le plus grave n’est pas là : les émeutiers sont pour la plupart des bandes de jeunes venus du quartier Morne Pichevin, principal îlot de pauvreté de la ville. La crise selon lui n’est pas de nature politique, puisque seul le PCM a mis de l’huile sur le feu, le PPM d’Aimé Césaire ayant joué la carte de l’apaisement. Par contre, il craint que la jeunesse, désœuvrée, sans emploi, désorientée, multiplie les actes belliqueux contre des représentants de l’autorité chaque fois qu’elle est provoquée 3.
                   Le Secrétaire général de la Préfecture, qui a eu à gérer l’ensemble de la crise, ne cache donc pas les difficultés posées par l’émeute en termes de maintien de l’ordre et l’extrême précarité de sa situation. Mais, il essaie surtout d’expliquer au gouvernement la profondeur du malaise social : « la vraie raison des troubles est l’incertitude de l’avenir pour ceux de vingt ans dont le nombre croît rapidement ». Il demande au gouvernement une réaction rapide.
Fort de ce rapport, Jacques Soustelle, le 30 décembre, rencontre les parlementaires martiniquais. Une note de son conseiller, Alain Lamassoure, résume les principales décisions promises par le gouvernement lors de la négociation : l’annulation du départ du vaisseau Le Grasse ; l’interdiction d’entrée de travailleurs étrangers ; une hausse du SMIG de 5 % ; la rédaction d’une loi-programme pour 1960. Cependant le Ministère refuse de s’engager sur les revendications des élus : le retrait des CRS ; le retrait des fonctionnaires venant d’Afrique du Nord ; une réforme fiscale ; l’octroi de crédits supplémentaires pour lutter contre le chômage et l’égalisation du montant des allocations familiales sur les niveaux métropolitains. Cependant, le lendemain, Alain Lamassoure envoie un câble au Préfet lui demandant d’étudier ces revendications : « je ne puis que vous laisser le soin d’y réfléchir, ignorant tout moi-même du pays ». Le 4 janvier 1960, le nouveau Préfet répond à Alain Lamassoure et lui suggère plusieurs décisions à prendre : ne plus envoyer de fonctionnaires d’Afrique du Nord aux Antilles, car cela à un effet négatif sur la population 4 ; retirer les CRS, car cela pose des  problèmes de mœurs 8 ; rappeler de façon discrète le Vice-Recteur Plénel qui a eu une attitude inadmissible de dénonciation de l’action gouvernementale 5 ; augmenter la puissance des forces de l’ordre notamment pourvoir l’île pour une surveillance en hélicoptères en cas d’arrivée d’armes des îles anglaises voisines ; et enfin accroître la surveillance des étudiants antillais de retour de métropole, « contaminés par la propagande communiste » qui crée le « désordre d’une jeunesse intoxiquée, et totalement désœuvrée ». Le 11 janvier 1960, le Cabinet Soustelle annonce ses décisions au ministre de l’Outre-mer : remplacer les CRS par des gendarmes ; rappeler le Vice-Recteur Plénel 6 ; préparer un communiqué confirmant l’augmentation du SMIG ; mettre en place un plan de maintien de l’ordre 7 .
                   Le 11 janvier 1960, une lettre de Jacques Soustelle demande officiellement au Premier Ministre le retrait de la compagnie de CRS de la Martinique après les incidents du 21-23 décembre et l’envoi de troupes de gendarmes. Ces mesures immédiates favorisent le retour au calme dans l’île.
 3 Dès son rapport du 28 décembre, il évoque les facteurs conjoncturels qui déclenchent l’événement : (...)
 4 Un Rapport des RG du 30 décembre sur l’Association des fonctionnaires d’Afrique du Nord mise en cause (...)
5 Car un rappel autoritaire pourrait provoquer des émeutes graves (« faire adresser par le MEN un tél (...)
6 Suite à son rappel, Alain Plénel laissera plusieurs articles critiques sur la politique française d (...)
7 Sur le maintien de l’ordre, cf. la thèse de Marie-Céline Whannou, La politique de maintien de l’ord (...)
 
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8 "problèmes de mœurs"  > la population de Fort de france reprochait aux CRS (presque tous célibataires) de courtiser avec trop de succès leurs filles.....
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Le 26 juillet 1960, dissolution du détachement de la CRS Martinique.
 
 
 
 


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